Le gouvernement s’engage résolument dans la modernisation du secteur des télécommunications. Réuni ce [jour] sous la présidence du Premier ministre, le Conseil a validé une feuille de route majeure concernant l’arrêt progressif des réseaux de deuxième (2G) et troisième (3G) générations, tout en annonçant un encadrement renforcé de l’acquisition des téléphones mobiles sur le territoire national.
Selon la communication présentée par le ministre des Technologies, la décision d’éteindre définitivement les anciennes infrastructures répond à une double logique, technologique et économique. Alors que les réseaux 4G et surtout 5G se généralisent, le maintien des technologies 2G et 3G apparaît désormais comme un frein à la compétitivité.
"L’objectif est de libérer les ressources spectrales précieuses pour les allouer aux réseaux avancés (4G/5G) et de réduire significativement les coûts d’entretien et de maintenance des équipements obsolètes", a expliqué le responsable.
Pour mener à bien cette transition, un plan d’action précis a été soumis aux membres du gouvernement. Ce plan prévoit une migration progressive des opérateurs et des utilisateurs vers les nouveaux standards. L’échéance a été fixée à l’horizon 2029 pour une extinction définitive des signaux 2G et 3G.
Sécurisation du marché parallèle et lutte contre la cybercriminalité
Parallèlement à cette échéance technique, l’exécutif a insisté sur un volet sécuritaire et réglementaire jugé tout aussi crucial. Conscient des risques liés à la prolifération des terminaux non conformes (téléphones "importés" hors circuits officiels, souvent liés à des fraudes), le gouvernement a annoncé une refonte de la réglementation en vigueur.
"Il est impératif d’accompagner ce développement technologique par la mise à niveau de la réglementation, afin de garantir la disponibilité des téléphones mobiles, tout en faisant face aux risques liés à la cybercriminalité et au fonctionnement des réseaux nationaux de télécommunications", souligne le communiqué final du Conseil.
Cette déclaration laisse présager des mesures plus strictes concernant l’enregistrement des IMEI (identifiants uniques des téléphones) et la traçabilité des appareils importés.
L’objectif affiché est double : assurer que les terminaux disponibles sur le marché sont compatibles avec les futurs réseaux (4G/5G/4G VoLTE) et couper la route aux réseaux clandestins utilisant les anciennes fréquences pour des activités illicites.
Quels impacts pour les consommateurs ?
Pour les millions d’Algériens utilisant encore des "téléphones basiques" (feature phones) ou des smartphones anciens non compatibles 4G, ce calendrier constitue un signal d’alarme.
Les autorités appellent à une anticipation de la migration, les opérateurs locaux (Algérie Télécom, Mobilis, Djezzy, Ooredoo) étant censés proposer des offres de transition à bas coût.
Le gouvernement assure que la démarche se fera "progressivement" afin de ne pas pénaliser les populations les plus vulnérables, tout en réaffirmant la nécessité de moderniser l’écosystème numérique national.
Un comité de suivi sera installé dans les prochaines semaines pour piloter cette extinction technique et sécuriser la chaîne d’approvisionnement des terminaux. Fin 2029 : le silence radio définitif pour la 2G et la 3G en Algérie.