Entre protection de l'enfance et complexité technique
Le gouvernement de l'Inde examine actuellement la possibilité de restreindre l'accès aux plateformes numériques pour les personnes âgées de moins de dix-huit ans. Cette démarche est appuyée par une récente orientation de la Cour suprême, laquelle considère que tout contrat ou ouverture de compte numérique signé par un mineur doit être qualifié de nul et non avenu. Cette position institutionnelle répond aux préoccupations croissantes des familles, de nombreux parents constatant une altération de la capacité d'attention, une agitation marquée ainsi qu'un désintérêt pour la lecture chez les enfants surexposés aux plateformes de vidéo et à la télévision. Pour faire face à cette situation, certaines familles optent pour des méthodes traditionnelles, allant jusqu'à proscrire les écrans du foyer ou à privilégier des établissements scolaires dotés de tableaux noirs plutôt que d'outils interactifs connectés.
L'Inde s'inscrit ainsi dans une dynamique observée dans la région Asie-Pacifique, à l'instar de l'Australie qui a interdit l'accès aux plateformes aux moins de seize ans, entraînant la désactivation de quatre millions sept cent mille comptes dès le premier mois. Néanmoins, l'application d'un tel dispositif sur le marché indien présente des obstacles considérables en raison des centaines de millions d'utilisateurs connectés, rendant le contrôle effectif de l'âge des abonnés particulièrement complexe. La vérification d'identité risque d'entraîner des contournements par les adolescents, tout en posant des questions relatives �� la protection de la vie privée et à la collecte massive de données personnelles. Afin d'éviter une pénalisation des foyers, des juristes suggèrent de reporter la responsabilité légale et financière sur les entreprises technologiques, sommées de mettre en place des dispositifs de contrôle efficients.
Le milieu éducatif demeure par ailleurs divisé sur cette question. D'un côté, les partisans d'une législation rigoureuse insistent sur l'impératif de préserver les mineurs contre le cyberharcèlement et la surconsommation de contenus algorithmiques. De l'autre, des pédagogues signalent qu'une coupure brutale risque d'être contre-productive, favorisant la rébellion tout en isolant les jeunes de ressources éducatives et culturelles indispensables à leur formation.
À retenir
- Le gouvernement indien étudie l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de dix-huit ans pour lutter contre l'addiction et protéger la santé mentale.
- La Cour suprême appuie cette démarche en estimant que tout contrat ou ouverture de compte numérique par un mineur est nul et non avenu.
- L'Australie a servi de pionnière dans la région en interdisant l'accès aux plateformes aux moins de seize ans, provoquant la désactivation de quatre millions sept cent mille comptes en un mois.
- La vérification de l'âge pose des difficultés techniques majeures et des questions éthiques concernant la protection de la vie privée et la collecte de données.
- Des juristes préconisent de faire porter la responsabilité légale et financière sur les entreprises technologiques pour éviter de pénaliser les familles.
Pour rappel
Pour rappel, ITMAG.dz rapportait : « RÉGULATION DU NUMÉRIQUE ET SANTÉ MENTALE DES JEUNES : L’INDE FACE AU DILEMME DE L’INTERDICTION DES RÉSEAUX SOCIAUX AUX MINEURS » — Alors que le gouvernement indien envisage de restreindre l’accès aux plateformes numériques aux moins de 18 ans, le pays oscille entre protection des. (lire)