Alger, 23 août 2026 (Algeria Tech) — Alors que l’Algérie trace sa feuille de route numérique avec une ambition croissante, Huawei Algérie frappe fort en lançant deux programmes de formation certifiants dédiés aux enseignants et formateurs TIC. Une initiative qui ne se contente pas de combler un vide pédagogique, mais qui positionne le pays à l’avant-garde des compétences en infrastructures open source. Mais au-delà des certifications, quelle est la portée réelle de cette manœuvre dans un écosystème où l’innovation technologique dicte désormais son tempo ?
Une locomotive du numérique algérien prend le virage open source
ALGER, 23 août 2026 — Dans un pays où le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) est en pleine mutation, Huawei Algérie frappe un grand coup avec le lancement de deux programmes de formation certifiants : les HCIA OpenEuler et HCIA OpenGauss. Destinés exclusivement aux enseignants et formateurs spécialisés en TIC, ces cursus s’inscrivent dans une logique de renforcement des compétences locales, alors que l’Algérie ambitionne de réduire sa dépendance aux technologies étrangères dans ses infrastructures critiques. Une démarche qui s’aligne sur les orientations stratégiques du gouvernement, notamment à travers le Plan Numérique 2025-2030, qui place l’innovation technologique au cœur de la souveraineté numérique.
Les deux technologies ciblées, OpenEuler et OpenGauss, sont des solutions open source de référence dans le domaine des systèmes d’exploitation et des bases de données. Développées par des communautés internationales, elles sont déjà adoptées par des géants comme China Mobile, Telefónica ou encore SAP, mais peinent encore à s’imposer en Afrique du Nord. Huawei Algérie, via son Huawei ICT Academy, cherche précisément à combler ce retard en formant les acteurs clés de la transmission des savoirs : les enseignants. Une stratégie qui rappelle celle des wilayas numériques mises en place par le ministère de la Poste, des Télécommunications, des Technologies de l’Information et de la Communication (MPTTIC), où l’accent est mis sur la formation des ressources humaines pour accompagner la transformation digitale.
| Programme | Technologie | Public cible | Certifications délivrées | |-----------|-------------|--------------|-------------------------| | HCIA OpenEuler | Système d'exploitation open source | Enseignants et formateurs TIC | HCIA (Huawei Certified ICT Associate) | | HCIA OpenGauss | Base de données open source | Enseignants et formateurs TIC | HCIA (Huawei Certified ICT Associate) |
Les inscriptions, ouvertes jusqu’au 24 août 2024, se font via un formulaire en ligne, sans frais de formation annoncés. Un détail qui n’est pas anodin dans un contexte où les budgets alloués à la formation continue restent souvent limités, notamment dans les daïras les moins dotées. Les participants sélectionnés bénéficieront d’un parcours structuré mêlant modules théoriques et ateliers pratiques, avec une évaluation finale pour l’obtention des certifications. Une approche qui rappelle les dispositifs de l’ARPCE (Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques) en matière de certification des compétences en télécoms, mais avec une dimension open source bien plus ambitieuse.
L’open source, un levier stratégique pour l’Algérie
Cette initiative de Huawei Algérie dépasse le simple cadre d’une formation professionnelle. Elle s’inscrit dans une vision plus large où l’open source devient un outil de souveraineté technologique. En formant les enseignants à des technologies comme OpenEuler (développé par la communauté chinoise, mais sous licence open source) ou OpenGauss (issu de l’écosystème Huawei), l’entreprise chinoise pose les jalons d’une adoption future par les institutions algériennes. Un pari audacieux, alors que les opérateurs télécoms locaux, comme Algérie Télécom ou Djezzy, restent majoritairement dépendants de solutions propriétaires.
Les données du marché algérien des TIC révèlent une tendance forte : entre 2020 et 2025, le nombre d’entreprises locales utilisant des solutions open source a augmenté de 40 %, selon une étude de l’ONS (Office National des Statistiques). Pourtant, le déficit en compétences qualifiées freine encore cette transition. D’où l’importance de programmes comme ceux lancés par Huawei Algérie, qui visent à créer une pépinière de talents capables de propager ces technologies dans les universités, les écoles d’ingénieurs et les centres de formation professionnelle.
Un écosystème en mutation, des défis persistants
L’annonce de Huawei Algérie a suscité un intérêt immédiat, avec 27 réactions et 5 partages en moins de 48 heures sur les réseaux sociaux. Un engouement qui reflète l’attente des professionnels du secteur, mais aussi les interrogations sur la pérennité de ces formations. Plusieurs questions se posent :
- Comment garantir que les certifications obtenues seront reconnues par les employeurs algériens ?
- Quel sera le taux de rétention des participants une fois la formation terminée ?
- Huawei parviendra-t-il à étendre ces programmes au-delà des grandes villes, comme Alger, Oran ou Constantine ?
Les réponses à ces questions détermineront l’impact réel de cette initiative. Pour l’instant, Huawei Algérie mise sur son Huawei ICT Academy, un réseau de partenariats avec des institutions éducatives locales pour assurer la diffusion des compétences acquises. Une stratégie qui rappelle celle des plateformes de formation en ligne comme Shemsi ou Tawazun, mais avec une dimension internationale grâce aux technologies open source.
Perspectives : vers une Algérie open source ?
Si cette initiative de Huawei Algérie est une bonne nouvelle pour le secteur des TIC en Algérie, elle ne saurait à elle seule résoudre tous les défis. Le pays doit encore relever plusieurs obstacles pour devenir un hub régional de l’open source :
- Renforcer l’infrastructure réseau : Malgré les progrès récents, la couverture 4G et 5G reste inégale entre les wilayas, et les coûts de connectivité freinent l’adoption des solutions open source.
- Encourager l’innovation locale : Les startups algériennes, bien que dynamiques, peinent encore à se positionner sur des niches technologiques comme l’open source.
- Coordonner les acteurs publics et privés : Le MPTTIC, l’ARPCE, et les opérateurs télécoms doivent travailler main dans la main pour créer un écosystème cohérent.
À moyen terme, les programmes HCIA OpenEuler et HCIA OpenGauss pourraient servir de catalyseur. Si les enseignants formés parviennent à intégrer ces technologies dans leurs cursus, l’Algérie pourrait voir émerger une nouvelle génération de développeurs et d’ingénieurs capables de rivaliser avec les standards internationaux. Une évolution qui s’inscrirait parfaitement dans les objectifs du Plan Numérique 2025-2030, qui vise à faire de l’Algérie un acteur clé de la transformation digitale en Afrique.
À retenir
- Huawei Algérie lance deux programmes de formation certifiants (HCIA OpenEuler et HCIA OpenGauss) pour les enseignants et formateurs TIC, avec des inscriptions ouvertes jusqu’au 24 août 2024.
- Les technologies ciblées, OpenEuler et OpenGauss, sont des solutions open source de plus en plus adoptées par les entreprises internationales, mais encore peu présentes en Algérie.
- Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de souveraineté technologique, alignée sur les objectifs du Plan Numérique 2025-2030 et les efforts du MPTTIC pour réduire la dépendance aux technologies étrangères.
- Les données du marché montrent une croissance de 40 % entre 2020 et 2025 dans l’adoption de l’open source par les entreprises algériennes, mais le déficit en compétences reste un frein majeur.
- L’annonce a suscité un intérêt immédiat, avec 27 réactions et 5 partages en moins de 48 heures, reflétant l’attente des professionnels du secteur.
- Plusieurs défis persistent : reconnaissance des certifications, rétention des talents, et extension des programmes aux wilayas moins dotées.
- À moyen terme, cette initiative pourrait positionner l’Algérie comme un acteur clé de l’open source en Afrique, à condition que les acteurs publics et privés coordonnent leurs efforts.