🚀 L'Algérie invente son futur : IA et 5G made in Jijel

🚀 L'Algérie invente son futur : IA et 5G made in Jijel

· Innovation ·

Deux étudiantes et leurs encadrants à l’université Mohamed Seddik Ben Yahia à Jijel développent des outils numériques made in Algeria qui pourraient révolutionner entreprises et administration. Pas de campus californien, mais une volonté locale de maîtriser l’innovation technologique.

IA locale

« Ça va, ça va, l’IA ? » : Soumia Lakehal, étudiante en master d’Intelligence Artificielle, a identifié un vide crucial sur le marché : les assistants virtuels maîtrisent l’anglais, l’arabe classique ou le français standard, mais ignorent le darja, ce mélange unique d’arabe, de berbère, de français et d’expressions locales. Sa solution ? Une plateforme permettant aux entreprises algériennes de créer, en quelques clics, un assistant virtuel capable de dialoguer en « darja », tout en restant polyglotte (arabe, français, anglais). Double enjeu : adaptation culturelle et souveraineté numérique, avec des données stockées localement, à l’abri des serveurs étrangers. « L’intérêt est double », résume-t-elle. Pas de transfert incertain, pas de dépendance aux géants américains ou asiatiques : une réponse algérienne aux besoins algériens.

"L’intérêt est double : adaptation culturelle et souveraineté numérique."

Données accessibles

De l’autre côté du couloir, Chaïma Bensouilah, également en master d’IA, s’attaque à un autre défi : la démocratisation de l’accès aux bases de données. Jusqu’ici, seuls les informaticiens pouvaient interroger ces entrepôts d’informations complexes avec des requêtes cryptiques comme SQL ou Python. Sa solution ? Une plateforme qui traduit les questions en langage courant en requêtes informatiques, analyse les données en temps réel, et fournit des réponses claires et exploitables. Exemple concret : un employé des ressources humaines peut demander à voix haute « Quels ont été nos meilleurs clients ce mois-ci ? » sans maîtriser un seul algorithme. Gain : des heures de travail épargnées, des coûts réduits, et surtout, une sécurité totale des données, qui ne quittent jamais l’entreprise. Une avancée majeure pour l’efficacité opérationnelle et la souveraineté des données.

5G et révolution

Pour que ces innovations deviennent réalité, il manque encore un ingrédient clé : la vitesse. Abderazak Laarioui, enseignant à la faculté des sciences économiques de Jijel, insiste sur le rôle central de la 5G dans cette révolution. « L’IA seule ne suffit pas », explique-t-il. Il faut la coupler à la 5G pour créer un écosystème numérique fluide, rapide et sécurisé. Applications concrètes : surveillance automatisée des lignes de production dans les usines, agriculture intelligente avec des capteurs d’irrigation économisant l’eau, ou encore dématérialisation complète des démarches administratives (inscriptions universitaires, paiements d’impôts, demandes de documents) sans déplacement physique. La 5G permet une interconnexion massive entre administrations, entreprises et secteurs stratégiques, créant un tissu numérique dense adapté aux défis du développement national. Vision : transformer l’Algérie en un hub technologique autonome, où l’innovation se construit sur place, par des cerveaux locaux.

"L’IA seule ne suffit pas. Il faut la coupler à la 5G pour créer un écosystème numérique fluide."

Sous la supervision du professeur Zenir Mohamed-Nadjib, ces projets ne sont pas de simples exercices académiques. Ils visent à concevoir des algorithmes adaptés au contexte local, avec un impact direct sur l’administration publique (impôts, douanes, guichets administratifs) pour réduire drastiquement les délais de traitement. Permis de construire en quelques minutes ? Dossiers fiscaux analysés en temps record ? L’administration algérienne pourrait connaître une mutation profonde, portée par l’innovation made in Jijel.