Alger, 10 août 2026 (Algeria Tech) — La clinique Alouia a réalisé la première opération de chirurgie robotique du pays, marquant une avancée majeure pour le système de santé algérien. Le Dr Khelifa Aït Saïd, porteur du projet, annonce la création d'une académie nationale pour former les professionnels locaux et réduire la dépendance à l'étranger.
Une première historique pour la santé algérienne

Le Dr Aït Saïd ne s’arrête pas à cette première réussite. Il porte un projet ambitieux : la création d’une académie algérienne de chirurgie robotique. Cette structure aura pour mission de former non seulement des chirurgiens, mais aussi des informaticiens, des ingénieurs biomédicaux et des spécialistes en cybersécurité. L’objectif est clair : faire de l’Algérie un centre de formation régional et un hub de santé digitale en Afrique, tout en réduisant la dépendance aux établissements étrangers.
Un projet structurant pour le système de santé
Le projet s’articule autour d’un triptyque : « maîtriser la technologie, transmettre l’expertise et retenir les compétences sur le territoire ». Le Dr Aït Saïd s’inspire de modèles internationaux, comme l’IRCAD de Strasbourg, référence mondiale dans la formation aux techniques mini-invasives et robotiques. Au-delà de la formation classique, il envisage également le développement de la téléchirurgie, permettant de guider des opérations à distance et de démocratiser l’accès aux soins de haut niveau sur l’ensemble du territoire.
Former sur place plutôt qu’à l’étranger est un enjeu stratégique pour l’Algérie. Le coût élevé de l’envoi de médecins en formation à l’étranger limite le nombre de bénéficiaires et ne garantit pas leur retour dans le pays. Une académie locale permettrait de multiplier le nombre de professionnels formés, d’adapter l’enseignement aux réalités du terrain et d’ancrer l’expertise localement. Cette approche s’inscrit dans une tendance africaine plus large, où plusieurs pays cherchent à réduire leur dépendance aux établissements européens ou nord-américains pour les soins ultra-spécialisés.
Un écosystème complet autour de la chirurgie robotique
L’initiative du Dr Aït Saïd dépasse la simple formation des chirurgiens. Elle vise à créer un écosystème intégré autour de la recherche, de l’enseignement, de la pratique clinique et de l’innovation. Plusieurs professionnels seront concernés :
- Les chirurgiens pourront se former sur place à une technologie encore rare sur le continent, maîtrisant des gestes précis et moins invasifs qui améliorent le pronostic des patients.
- Les médecins anesthésistes et radiologues devront adapter leurs pratiques à une coordination plus étroite avec l’imagerie médicale.
- Les infirmiers de bloc opératoire seront formés aux spécificités des interventions robotisées.
Ce projet pourrait également stimuler l’innovation locale dans les domaines de la robotique médicale, des équipements biomédicaux et des solutions logicielles dédiées. L’Algérie pourrait ainsi devenir un acteur clé de la santé digitale en Afrique, en combinant expertise médicale, formation et développement technologique.
À retenir
- La clinique Alouia a réalisé la première opération de chirurgie robotique en Algérie.
- Le Dr Khelifa Aït Saïd, spécialiste en chirurgie robotique, porte un projet d’académie nationale dédiée.
- Cette académie formera des chirurgiens, informaticiens, ingénieurs biomédicaux et spécialistes en cybersécurité.
- L’objectif est de faire de l’Algérie un pôle régional de formation et un hub de santé digitale en Afrique.
- La téléchirurgie est envisagée pour démocratiser l’accès aux soins de haut niveau.
- Former sur place réduit les coûts élevés et les délais contraignants liés aux formations à l’étranger.
- Le projet s’inscrit dans une tendance africaine visant à réduire la dépendance aux établissements européens ou nord-américains.