ALGER, 14/07/2026 (Algeria Tech) — Le ministère de la Poste et des Télécommunications annonce le lancement d’une campagne nationale visant à généraliser l’adoption du protocole IPv6 en Algérie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan numérique 2030 et vise à moderniser l’infrastructure des télécommunications du pays.
Généralisation du protocole IPv6 : une priorité nationale pour l’infrastructure internet algérienne
Le ministère de la Poste et des Télécommunications a lancé une campagne nationale pour accélérer l’adoption du protocole IPv6, marquant une étape clé dans la modernisation des infrastructures de télécommunications en Algérie. Cette initiative, présentée lors d’une réunion technique tenue à Alger, vise à garantir une connectivité internet stable et sécurisée pour les 30 millions d’utilisateurs nationaux. Selon les dernières données de l’ARPCE, seulement 15 % des équipements en Algérie utilisent actuellement le protocole IPv6, contre 40 % au niveau mondial. Le ministère a fixé un objectif ambitieux : atteindre 50 % d’adoption d’ici fin 2027, avec une généralisation totale prévue pour 2030.
La transition vers l’IPv6 s’avère cruciale pour répondre à la croissance exponentielle du trafic internet, estimée à 40 % par an en Algérie. Ce protocole, qui permet d’attribuer 340 milliards d’adresses IP (contre 4,3 milliards pour l’IPv4), résout le problème de pénurie d’adresses et améliore la qualité des services proposés par les opérateurs nationaux, notamment Algérie Télécom, Mobilis SA et Djezzy. Lors de la réunion, le ministre a souligné que cette transition s’accompagnera d’un renforcement des capacités techniques des wilayas et des communes, avec un budget de 2 milliards de dinars alloué aux infrastructures locales.
Analyse et enjeux pour l’Algérie
La généralisation de l’IPv6 représente un levier stratégique pour l’économie numérique algérienne. D’ici 2027, les secteurs de l’e-commerce, de la banque en ligne et des services administratifs devraient bénéficier d’une connectivité plus rapide et plus sécurisée, réduisant ainsi les coûts liés à la gestion des adresses IPv4. Selon une étude de l’ANPT, cette transition pourrait générer une économie de 15 milliards de dinars par an en optimisant l’utilisation des ressources réseau. Par ailleurs, l’adoption massive de l’IPv6 facilitera l’intégration des technologies émergentes comme l’Internet des Objets (IoT), estimé à 50 milliards de dispositifs connectés d’ici 2030.
Sur le plan technologique, la migration vers l’IPv6 améliore la qualité de service des opérateurs en réduisant les latences et en augmentant la stabilité des connexions. Pour les citoyens, cela se traduira par une meilleure expérience utilisateur, notamment dans les zones rurales où la couverture internet reste inégale. Le ministère a également annoncé la mise en place d’un programme de sensibilisation dans les 58 wilayas, impliquant les APC (Assemblées Populaires Communales) et les daïras pour accompagner les particuliers et les entreprises dans cette transition.
Contexte du secteur TIC algérien
L’Algérie compte aujourd’hui plus de 30 millions d’abonnés internet, avec un taux de pénétration mobile dépassant 120 % en 2025, selon les données de l’ARPCE. Le secteur des télécommunications représente un chiffre d’affaires annuel de 300 milliards de dinars, avec une croissance moyenne de 8 % par an. Le plan numérique 2030, piloté par le ministère de la Poste et des Télécommunications, prévoit des investissements de 1 000 milliards de dinars pour moderniser les infrastructures, dont 300 milliards dédiés aux réseaux haut débit et à la généralisation de l’IPv6.
L’ARPCE (Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques) joue un rôle central dans la régulation et la supervision de cette transition. Depuis 2024, l’autorité a imposé aux opérateurs (Algérie Télécom, Mobilis SA, Djezzy et Ooredoo) de réserver 30 % de leurs bandes passantes pour les services compatibles IPv6. Par ailleurs, Algérie Télécom, leader du marché avec 18 millions d’abonnés, a déjà déployé 5 000 km de fibres optiques compatibles IPv6 dans les principales wilayas, dont Alger, Oran et Constantine.
Réactions et déclarations
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Karim Bibi Triki, a déclaré : « La généralisation de l’IPv6 est une priorité absolue pour l’Algérie. Nous travaillons en étroite collaboration avec les opérateurs et les collectivités locales pour garantir une transition fluide et inclusive. Cette initiative s’inscrit dans notre vision d’une économie numérique compétitive et résiliente. » Le PDG de Mobilis SA, M. Yacine Ouali, a ajouté : « Mobilis SA s’engage à accompagner cette transition en modernisant son réseau et en formant ses équipes techniques. Nous visons une couverture IPv6 à 100 % d’ici 2028. »
Perspectives et prochaines étapes
La campagne de généralisation de l’IPv6 se déroulera en trois phases. La première, prévue pour le troisième trimestre 2026, concernera les wilayas les plus densément peuplées, comme Alger, Oran et Blida. La deuxième phase, prévue pour 2027, ciblera les wilayas moyennes, tandis que la généralisation complète est programmée pour 2030. Le ministère collaborera avec les opérateurs pour organiser des sessions de formation dans les 1 541 communes du pays, avec un accent particulier sur les zones rurales.
Parallèlement, l’ARPCE finalisera d’ici fin 2026 un cadre réglementaire renforcé pour imposer aux nouveaux équipements connectés (smartphones, routeurs, etc.) la compatibilité IPv6. Cette mesure vise à accélérer l’adoption spontanée du protocole par les utilisateurs. Enfin, un fonds de 500 millions de dinars sera alloué aux startups algériennes spécialisées dans les solutions IoT et cloud, afin de stimuler l’innovation autour des technologies compatibles IPv6.
À retenir
- L’Algérie compte 30 millions d’abonnés internet en 2026, avec un taux de pénétration mobile de 120 %.
- Seulement 15 % des équipements en Algérie utilisent actuellement le protocole IPv6, contre 40 % au niveau mondial.
- Le ministère de la Poste et des Télécommunications vise 50 % d’adoption d’IPv6 d’ici fin 2027 et une généralisation totale en 2030.
- Un budget de 2 milliards de dinars a été alloué aux infrastructures locales pour accompagner cette transition.
- Algérie Télécom a déjà déployé 5 000 km de fibres optiques compatibles IPv6 dans les principales wilayas.
- L’ARPCE impose aux opérateurs de réserver 30 % de leurs bandes passantes pour les services IPv6 depuis 2024.
- La transition vers l’IPv6 pourrait générer une économie de 15 milliards de dinars par an en optimisant les ressources réseau.
- Un fonds de 500 millions de dinars sera alloué aux startups algériennes spécialisées dans les solutions IoT et cloud.
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