L'Algérie pilote la phase de mise en œuvre du Conseil africain de l'IA

· Algérie|Télécoms|Innovation|Numérique|Intelligence artificielle|Entreprises ·

ALGER, 10/07/2026 (Algeria Tech) — Le Conseil africain de l'intelligence artificielle (IA) entame sa phase opérationnelle à l'occasion de la tenue de la Sommet mondial sur la société de l'information 2026 et du Sommet sur la gouvernance de l'IA. L'Algérie, représentée par le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid Ali Zouari, préside ce mouvement continental.

Adoption de la feuille de route stratégique pour l'IA en Afrique

Le Conseil africain de l'intelligence artificielle (CAIA) a organisé, en marge des deux sommets internationaux, sa deuxième réunion officielle avec la participation active du ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid Ali Zouari. Lors de cette rencontre, les membres ont validé la carte routière et le plan d'action pour les deux prochaines années, marquant ainsi le début effectif des activités du Conseil. Six commissions spécialisées ont été officiellement installées pour piloter la mise en œuvre des axes stratégiques définis par la stratégie continentale de l'IA. Ces commissions couvriront des domaines clés tels que la réglementation, l'innovation technologique, la formation des ressources humaines, l'infrastructure numérique, la cybersécurité et les applications sectorielles.

Par ailleurs, la réunion a permis d'échanger sur les défis communs aux pays africains en matière d'intégration des technologies d'IA, notamment en termes de souveraineté numérique, d'accès aux données et de collaboration intercontinentale. Les participants ont souligné l'importance de mobiliser les investissements nécessaires pour accélérer le déploiement de solutions d'IA adaptées aux réalités africaines, tout en garantissant une approche inclusive et éthique.

Analyse et enjeux pour l'Algérie

Pour l'Algérie, cette présidence du CAIA représente une opportunité majeure pour renforcer son positionnement dans le paysage technologique africain. Le pays, qui dispose déjà d'un écosystème numérique en pleine expansion avec des acteurs comme Algérie Télécom, Mobilis SA et les startups locales, pourrait tirer parti de cette dynamique pour accélérer sa transition vers une économie driven par l'innovation. La mise en place de commissions spécialisées permettra de structurer les efforts nationaux et de favoriser les partenariats public-privé dans des secteurs stratégiques comme l'agriculture, la santé et l'éducation.

Sur le plan technologique, l'adoption de solutions d'IA pourrait contribuer à optimiser la gestion des ressources publiques, améliorer l'efficacité des services administratifs et renforcer la compétitivité des entreprises algériennes. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de formation des compétences locales, d'accès aux infrastructures cloud et de sécurisation des données. Le gouvernement devra donc accélérer les réformes en cours, telles que le plan numérique 2030, pour créer un environnement favorable à l'émergence d'une industrie locale de l'IA.

Contexte du secteur TIC algérien

L'Algérie affiche une dynamique remarquable dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), avec un taux de pénétration mobile dépassant les 120 % en 2025, selon les dernières données de l'Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE). Le nombre d'abonnés à Internet s'élève à plus de 30 millions, dont une part croissante accède à des services haut débit via la fibre optique et la 4G. Le plan numérique 2030, lancé par le ministère de la Poste et des Télécommunications, vise à porter cette couverture à 100 % des wilayas et à atteindre un débit moyen de 100 Mbps d'ici 2030.

Dans ce cadre, Algérie Télécom, opérateur historique, joue un rôle central en déployant des infrastructures de dernière génération et en modernisant son réseau. L'entreprise a investi plus de 50 milliards de dinars algériens depuis 2020 pour étendre son réseau en fibre optique, couvrant désormais 48 wilayas sur 58. Les opérateurs Mobilis SA, Djezzy et Ooredoo contribuent également à cette expansion en développant des offres innovantes et en améliorant la qualité des services mobiles. L'ARPCE, en tant qu'autorité de régulation, veille à garantir une concurrence saine et à protéger les droits des consommateurs tout en encourageant l'innovation.

Réactions et déclarations

Le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid Ali Zouari, a déclaré : « La présidence algérienne du Conseil africain de l'IA s'inscrit dans une vision stratégique visant à faire de notre pays un hub technologique en Afrique. Nous nous engageons à mobiliser tous les acteurs nationaux et internationaux pour concrétiser cette ambition. » Il a également souligné l'importance de la collaboration avec les partenaires africains pour partager les bonnes pratiques et mutualiser les ressources.

Perspectives et prochaines étapes

Les prochaines étapes du Conseil africain de l'IA incluent la finalisation des mandats des six commissions spécialisées d'ici la fin du mois de juillet 2026. Un sommet africain dédié à l'IA est prévu pour le premier trimestre 2027, où les chefs d'État et de gouvernement des pays membres devraient adopter une déclaration commune sur les orientations stratégiques du continent. Pour l'Algérie, cela représente une occasion de concrétiser des projets concrets, notamment dans les domaines de la santé numérique, de l'agriculture intelligente et de l'administration électronique.

Par ailleurs, le ministère de la Poste et des Télécommunications finalise actuellement un plan national d'IA, qui sera intégré au plan numérique 2030. Ce plan prévoit la création de 5 centres d'excellence dédiés à la recherche et au développement en IA, ainsi que la formation de 10 000 spécialistes d'ici 2028. Les premières initiatives pilotes seront lancées dans les wilayas de Alger, Oran et Constantine d'ici la fin de l'année 2026.

À retenir

--- Page : وزارة البريد والمواصلات السلكية واللاسلكية - الجزائر - Durée : 1m 22s Source : Publication originale Facebook