ALGER, 06/07/2026 (Algeria Tech) — Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a représenté l'Algérie lors du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle, organisé sous l'égide des Nations Unies. L'événement a mis l'accent sur le passage des principes théoriques à des mécanismes concrets, incluant le transfert de technologies, le renforcement des capacités et la réduction de la fracture numérique.
Participation active de l'Algérie aux enjeux internationaux de l'IA
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a pris part au premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle (IA), organisé sous l'égide des Nations Unies à Genève du 2 au 4 juillet 2026. Cet événement historique a réuni des représentants de plus de 150 pays, des experts du secteur privé et des organisations internationales pour discuter des cadres réglementaires et des mécanismes concrets visant à encadrer le développement et l'utilisation de l'IA. Selon les organisateurs, l'Algérie y a joué un rôle proactif en défendant une approche équilibrée entre innovation, éthique et souveraineté technologique.
Lors de son intervention, Sid Ali Zerrouki a souligné l'importance de la coopération internationale pour garantir un accès équitable aux technologies d'IA, notamment dans les pays en développement. Il a également évoqué les initiatives nationales en cours pour intégrer l'IA dans les secteurs publics et privés, en mettant l'accent sur la formation des compétences locales et le transfert technologique. Ces engagements s'inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale pour l'intelligence artificielle, adoptée en 2024, qui vise à positionner l'Algérie comme un acteur clé dans le domaine des technologies émergentes en Afrique.
Analyse et enjeux pour l'Algérie : souveraineté technologique et compétitivité
La participation de l'Algérie à ce dialogue international s'inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de son secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC). Le pays a engagé un ambitieux plan de transformation numérique, avec un budget de 1 200 milliards de dinars (environ 8,5 milliards d'euros) alloué à l'horizon 2030. Ce plan inclut le déploiement de réseaux 5G dans les 58 wilayas d'ici 2027, ainsi que le développement d'écosystèmes d'innovation dans des domaines stratégiques comme l'IA, la cybersécurité et l'informatique quantique.
Sur le plan économique, l'intégration de l'IA pourrait générer des gains de productivité estimés à 15 % dans les secteurs de l'industrie, de la santé et des services publics, selon une étude récente de l'Agence nationale de promotion des investissements (ANDI). Cependant, des défis majeurs persistent, notamment le manque de compétences locales qualifiées, estimé à plus de 50 000 postes non pourvus d'ici 2028, et la nécessité de renforcer les partenariats public-privé pour accélérer l'adoption de ces technologies. Ces enjeux soulignent l'urgence d'une stratégie cohérente pour faire de l'Algérie un hub technologique régional.
Contexte du secteur TIC algérien : entre ambition et réalités
Le secteur des TIC en Algérie connaît une croissance soutenue, avec un taux de pénétration mobile dépassant 125 % en 2025, selon les dernières données de l'Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE). Ce taux place l'Algérie parmi les pays africains les plus avancés en matière de connectivité, avec plus de 62 millions d'abonnés mobiles et 32 millions d'utilisateurs d'Internet, dont 20 millions de haut débit fixe et mobile. Ces chiffres reflètent les efforts déployés par les opérateurs nationaux, à savoir Algérie Télécom, Mobilis et Djezzy, pour étendre la couverture réseau et améliorer les vitesses de connexion.
Dans ce cadre, le plan numérique 2030 vise à atteindre un taux de couverture 5G de 90 % et un débit moyen de 100 Mbps d'ici 2027. Pour y parvenir, l'État a alloué 450 milliards de dinars (environ 3,2 milliards d'euros) pour moderniser les infrastructures, dont 200 milliards dédiés au déploiement de la fibre optique dans les wilayas reculées. Par ailleurs, l'ARPCE a lancé en 2025 un fonds spécial de 5 milliards de dinars pour soutenir les startups locales dans les domaines de l'IA, de la fintech et de l'Internet des objets (IoT). Ces initiatives s'accompagnent d'une réforme législative visant à libéraliser davantage le marché des télécommunications et à attirer les investissements étrangers.
Réactions et déclarations
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a déclaré à l'issue du dialogue : « L'Algérie réaffirme son engagement en faveur d'une gouvernance inclusive et responsable de l'intelligence artificielle. Notre participation à ce forum international témoigne de notre volonté de contribuer activement à l'élaboration de normes mondiales qui reflètent les réalités et les aspirations des pays en développement. »
De son côté, le directeur général de l'ARPCE, Mohamed El Amine Hamdani, a souligné : « Les discussions tenues à Genève ont confirmé l'importance de la coopération internationale pour surmonter les défis technologiques et réglementaires. L'Algérie, grâce à ses infrastructures et à son capital humain, est bien placée pour jouer un rôle de premier plan dans ce domaine. »
Perspectives et prochaines étapes
La prochaine étape pour l'Algérie consistera à finaliser la Stratégie nationale pour l'intelligence artificielle, prévue pour adoption au premier trimestre 2027. Ce document, actuellement en phase de validation, définira les priorités sectorielles, les mécanismes de financement et les partenariats internationaux nécessaires pour concrétiser les ambitions du pays. Parallèlement, le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé le lancement d'un programme national de formation en IA, en collaboration avec des universités et des centres de recherche, afin de former 10 000 spécialistes d'ici 2030.
Sur le plan international, l'Algérie envisage de rejoindre l'Alliance mondiale pour l'IA (GPAI), une initiative regroupant 29 pays et l'Union européenne pour promouvoir une IA éthique et inclusive. Cette adh��sion, attendue d'ici la fin de l'année, permettrait à l'Algérie de bénéficier de financements et de transferts de technologie, tout en consolidant sa position sur la scène mondiale.
À retenir
- Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a représenté l'Algérie lors du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA à Genève (2-4 juillet 2026).
- L'Algérie défend une approche équilibrée entre innovation, éthique et souveraineté technologique dans le cadre de la Stratégie nationale pour l'IA adoptée en 2024.
- Le taux de pénétration mobile en Algérie a atteint 125 % en 2025, avec 62 millions d'abonnés mobiles et 32 millions d'utilisateurs d'Internet.
- Le plan numérique 2030 prévoit un budget de 1 200 milliards de dinars, avec un objectif de couverture 5G à 90 % d'ici 2027.
- L'ARPCE a lancé un fonds de 5 milliards de dinars pour soutenir les startups locales dans l'IA, la fintech et l'IoT.
- L'Algérie vise à former 10 000 spécialistes en IA d'ici 2030 via un programme national de formation.
- Le pays envisage de rejoindre l'Alliance mondiale pour l'IA (GPAI) d'ici la fin de l'année 2026.
- Les opérateurs nationaux (Algérie Télécom, Mobilis, Djezzy) jouent un rôle clé dans l'expansion des infrastructures, avec 450 milliards de dinars alloués à la modernisation des réseaux.
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