BEJAÏA — Une convention de partenariat a été signée entre le Centre de recherche en technologies agroalimentaires (CRTAA) de Bejaïa et l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) pour dynamiser les secteurs agricole et agroalimentaire. L'accord vise à mutualiser les expertises et ressources pour accélérer l'innovation technologique.
Signature d'un accord historique pour l'agriculture algérienne
Le Centre de recherche en technologies agroalimentaires (CRTAA) de Bejaïa a officialisé, mercredi 1er juillet 2026, un partenariat stratégique avec l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Cet accord s'inscrit dans une volonté commune de renforcer les synergies entre les deux institutions pour répondre aux enjeux contemporains du secteur agricole algérien. Les domaines ciblés incluent l'amélioration des rendements, l'optimisation des chaînes de production et l'introduction de technologies innovantes dans les processus agroalimentaires.
Les responsables du CRTAA précisent que cette collaboration permettra de capitaliser sur les avancées technologiques développées par le centre, notamment dans les secteurs de la transformation des produits agricoles et de la valorisation des sous-produits. L'INRA, de son côté, apportera son expertise en matière de recherche fondamentale et appliquée, avec un accent particulier sur les variétés résistantes aux changements climatiques et aux maladies des cultures. Les deux parties ont convenu de mettre en place des programmes de recherche conjoints et de former des équipes mixtes pour mener à bien ces projets.
Analyse et enjeux : vers une agriculture 4.0 en Algérie
Ce partenariat revêt une importance capitale pour l'agriculture algérienne, un secteur clé de l'économie nationale. L'Algérie, avec ses 58 wilayas, dispose d'un potentiel agricole considérable, mais fait face à des défis majeurs tels que la rareté des ressources en eau, la désertification et la nécessité de moderniser les techniques culturales. L'intégration des technologies de pointe, comme l'agriculture de précision, l'irrigation intelligente ou encore la biotechnologie, pourrait significativement améliorer la productivité et la compétitivité du secteur.
Dans le contexte actuel, marqué par les effets du changement climatique et les fluctuations des prix des matières premières, une telle collaboration entre institutions de recherche publique s'avère essentielle. Elle pourrait également servir de levier pour attirer des investissements privés dans l'agroalimentaire, un secteur en pleine expansion en Algérie. Les retombées attendues concernent non seulement l'augmentation des rendements, mais aussi la création d'emplois qualifiés et le développement de filières locales intégrées.
Contexte du secteur TIC algérien
Le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) en Algérie connaît une croissance soutenue, avec un taux de pénétration d'Internet dépassant les 60 % en 2026, selon les dernières données de l'Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE). Le plan numérique 2030, lancé par le gouvernement, vise à faire de l'Algérie un hub technologique en Afrique, avec des investissements massifs dans les infrastructures numériques, notamment dans les wilayas du sud et des Hauts-Plateaux.
L'Algérie compte aujourd'hui plus de 50 millions d'abonnés mobiles, avec une couverture 4G étendue à 98 % du territoire national. Les opérateurs nationaux, Algérie Télécom, Mobilis, Djezzy et Ooredoo, investissent massivement dans les réseaux 5G, avec des déploiements pilotes dans plusieurs wilayas, dont Bejaïa. Ces avancées technologiques pourraient être mises à profit pour moderniser le secteur agricole, notamment via des solutions IoT (Internet des objets) pour le suivi des cultures, des capteurs intelligents pour l'irrigation ou encore des plateformes de gestion des données agricoles.
Réactions et déclarations
Le directeur du CRTAA de Bejaïa, M. Rachid Bouzidi, a souligné l'importance de cette collaboration : « Ce partenariat avec l'INRA marque une étape décisive pour notre centre. Nous allons pouvoir combiner nos compétences en R&D avec celles de l'INRA pour développer des solutions innovantes adaptées aux réalités du terrain. »
De son côté, le directeur général de l'INRA, Dr. Amar Touati, a déclaré : « L'agriculture algérienne doit évoluer vers des modèles plus durables et productifs. Cette convention nous permettra de mutualiser nos efforts pour répondre aux besoins des agriculteurs et des industriels du secteur agroalimentaire. »
Perspectives et prochaines étapes
Les deux institutions ont prévu de lancer dès septembre 2026 les premiers projets de recherche conjoints, avec un budget initial de 200 millions de dinars algériens alloué par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Les axes prioritaires incluent le développement de variétés de céréales résistantes à la sécheresse, l'optimisation des techniques de conservation des produits agricoles et la création de plateformes numériques pour la traçabilité des denrées.
Un comité de pilotage, composé de représentants du CRTAA et de l'INRA, sera mis en place pour superviser la mise en œuvre des projets. Les résultats des recherches seront partagés avec les acteurs du secteur via des ateliers et séminaires organisés dans plusieurs wilayas du pays. À plus long terme, les deux parties envisagent d'étendre ce partenariat à d'autres centres de recherche et universités algériennes, afin de créer un écosystème national dédié à l'innovation agricole.
À retenir
- Une convention de partenariat a été signée entre le CRTAA de Bejaïa et l'INRA pour renforcer la recherche et l'innovation dans les secteurs agricole et agroalimentaire.
- Les domaines prioritaires incluent l'amélioration des rendements, l'optimisation des chaînes de production et l'introduction de technologies innovantes.
- Les deux institutions prévoient de lancer des programmes de recherche conjoints dès septembre 2026, avec un budget initial de 200 millions de dinars.
- L'Algérie compte plus de 50 millions d'abonnés mobiles et une couverture 4G à 98 % du territoire, selon l'ARPCE.
- Le plan numérique 2030 vise �� faire de l'Algérie un hub technologique en Afrique, avec des investissements dans les infrastructures numériques.
- Les opérateurs nationaux (Algérie Télécom, Mobilis, Djezzy, Ooredoo) investissent dans les réseaux 5G, avec des déploiements pilotes dans plusieurs wilayas.
- Les résultats des recherches seront partagés via des ateliers et séminaires organisés dans plusieurs wilayas du pays.