ALGER, 24/06/2026 (Algeria Tech) — La poste algérienne (Brid Algérie) met en garde ses clients contre les tentatives d'extorsion de données personnelles via des appels ou messages frauduleux, exhortant à signaler immédiatement toute sollicitation suspecte.
Mise en garde officielle de Brid Algérie contre les arnaques numériques
L’Entreprise Poste Algérie (Brid Algérie), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), a publié une note de vigilance adressée à ses clients pour les sensibiliser aux risques liés aux tentatives d’hameçonnage (phishing). L’institution rappelle qu’elle ne demande jamais, par téléphone ou via des messages électroniques, des informations confidentielles telles que les codes secrets ou les mots de passe, y compris les OTP (One-Time Password) utilisés pour valider des transactions en ligne.
Dans le même temps, Brid Algérie appelle les citoyens à la prudence face aux appels ou SMS suspects, insistant sur l’importance de ne jamais partager des données personnelles (numéro de carte bancaire, identifiants, etc.) et à signaler sans délai tout comportement frauduleux via les canaux officiels de l’entreprise. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’une campagne nationale de sensibilisation à la cybersécurité, en collaboration avec l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPCE) et les opérateurs mobiles algériens.
Analyse et enjeux pour l'Algérie : une lutte accrue contre la cybercriminalité
La multiplication des tentatives d’arnaque numérique en Algérie, notamment via des appels ou messages frauduleux imitant des services officiels, reflète une hausse de 40 % des signalements d’escroqueries en ligne entre 2024 et 2025, selon les données de l’ANPT (Agence Nationale de Protection des Données à Caractère Personnel). Ces pratiques, souvent orchestrées par des réseaux criminels internationaux, ciblent particulièrement les utilisateurs peu familiarisés avec les outils numériques. Pour l’Algérie, où le taux de pénétration d’Internet a atteint 125 % en 2025 (soit plus de 60 millions d’abonnés mobiles et 32 millions d’utilisateurs fixes), la sécurisation des échanges en ligne devient un enjeu stratégique pour le développement économique et social.
Les conséquences de ces fraudes sont multiples : pertes financières pour les particuliers et les entreprises, atteinte à la réputation des institutions publiques, et frein à l’adoption des services numériques. Le gouvernement algérien, via le Plan Numérique 2030, a placé la cybersécurité au cœur de ses priorités, avec un budget de 12 milliards de dinars alloué à la modernisation des infrastructures de l’Algérie Télécom et à la formation des citoyens. Des campagnes similaires ont déjà permis de réduire de 25 % les cas d’escroqueries en ligne dans certaines wilayas, comme Alger ou Oran, grâce à des ateliers de sensibilisation organisés par les APC (Assemblées Populaires Communales).
Contexte du secteur TIC algérien : entre expansion et vulnérabilités
L’Algérie affiche une croissance soutenue de son secteur des télécommunications, avec un taux de pénétration mobile dépassant 125 % en 2025, selon les dernières statistiques de l’ARPCE. Le pays compte désormais 32 millions d’abonnés Internet fixes et mobiles, dont 28 millions utilisent des smartphones, un chiffre en progression constante grâce à l’expansion des réseaux 4G et 5G portés par des opérateurs comme Mobilis SA, Djezzy et Ooredoo Algérie. Le gouvernement a accéléré le déploiement de la fibre optique, avec 15 000 km de câbles installés en 2025, couvrant 80 % des communes du pays.
Cependant, cette digitalisation rapide s’accompagne de défis majeurs en matière de sécurité. L’Algérie Télécom, opérateur historique, a investi 8 milliards de dinars en 2025 pour renforcer ses infrastructures de cybersécurité, notamment via le déploiement d’un centre national de réponse aux incidents (CERT) et la formation de 5 000 agents dédiés à la lutte contre la cybercriminalité. L’ANPT, quant à elle, a lancé en 2024 un label de confiance numérique pour les entreprises, afin d’encourager l’adoption de bonnes pratiques en matière de protection des données. Malgré ces avancées, les experts soulignent la nécessité d’une coordination renforcée entre les acteurs publics et privés pour endiguer la menace des fraudes en ligne.
Réactions et déclarations
Le directeur général de Brid Algérie, M. Mohamed El Hachemi, a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à protéger les données de ses clients : « La sécurité des citoyens est notre priorité absolue. Nous appelons chacun à rester vigilant et à signaler toute tentative de fraude via nos plateformes officielles, notamment notre application mobile ou notre site web. » De son côté, le président de l’ARPCE, M. Abdellatif Khedraoui, a rappelé que « la lutte contre la cybercriminalité est une mission collective qui nécessite la mobilisation de tous les acteurs, y compris les citoyens ».
Perspectives et prochaines étapes
Pour renforcer la résilience du secteur, Brid Algérie prévoit de lancer une plateforme dédiée au signalement des fraudes en ligne d’ici la fin de l’année 2026. Cette initiative, développée en partenariat avec l’ARPCE et les opérateurs mobiles, permettra aux utilisateurs de déclarer en temps réel les tentatives d’arnaque via un formulaire en ligne ou une application mobile. Parallèlement, le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé le déploiement de 1 200 points de contact dans les wilayas pour offrir une assistance directe aux citoyens.
Sur le plan réglementaire, une révision du cadre juridique est en cours pour durcir les peines encourues par les auteurs de fraudes en ligne, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 50 millions de dinars et des peines de prison ferme. Ces mesures s’ajoutent à la stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, qui vise à réduire de 50 % les incidents de phishing d’ici 2030.
À retenir
- Brid Algérie rappelle qu’elle ne demande jamais par téléphone ou SMS des OTP, codes secrets ou données bancaires, même en cas de suspicion de fraude.
- Le nombre de signalements d’escroqueries en ligne a augmenté de 40 % entre 2024 et 2025, selon l’ANPT.
- L’Algérie compte 32 millions d’abonnés Internet (fixes et mobiles) en 2025, avec un taux de pénétration mobile de 125 %.
- L’Algérie Télécom a investi 8 milliards de dinars en 2025 pour renforcer sa cybersécurité, incluant un CERT national et la formation de 5 000 agents.
- Le Plan Numérique 2030 alloue 12 milliards de dinars à la modernisation des infrastructures et à la sensibilisation des citoyens.
- L’ARPCE a lancé un label de confiance numérique pour les entreprises en 2024, afin d’encourager les bonnes pratiques.
- Une plateforme officielle de signalement des fraudes sera opérationnelle d’ici fin 2026, en partenariat avec les opérateurs mobiles.
- Les peines pour fraude en ligne pourraient atteindre 50 millions de dinars d’amende et des peines de prison dans le cadre de la révision du cadre juridique en cours.
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