Le Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI) vient d’obtenir la première accréditation nationale pour la formation de pilotes de drones, marquant une étape clé dans le renforcement des compétences technologiques en Algérie. Cette certification, délivrée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, positionne l’Algérie comme un acteur émergent dans l’écosystème des drones industriels.
Une première nationale dans un secteur en pleine expansion
Le Centre de Recherche en Technologies Industrielles (CRTI), basé à Alger, a officiellement obtenu la première accréditation nationale pour la formation de pilotes de drones, selon un communiqué du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique publié ce 4 juin 2026. Cette certification, délivrée via sa filiale spécialisée EPE CRTI SKY-TEC, couvre les classes 1 et 2 de drones, couvrant ainsi les usages industriels et professionnels.
Cette accréditation s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des capacités nationales en matière de technologies avancées, alors que l’Algérie accélère sa transition numérique et industrielle. Le CRTI, institution publique sous tutelle du ministère, devient ainsi la première entité algérienne habilitée à former des pilotes de drones selon des standards nationaux, en réponse aux besoins croissants des secteurs énergétique, agricole, logistique et sécuritaire.
Une réponse aux enjeux industriels et économiques
L’obtention de cette accréditation intervient dans un contexte où les drones jouent un rôle de plus en plus stratégique pour l’économie algérienne. Les applications industrielles, telles que l’inspection d’infrastructures pétrolières et gazières (où opèrent Sonatrach et ses partenaires), la surveillance agricole (notamment pour les grandes exploitations céréalières du Sud), ou encore la cartographie des zones minières, nécessitent des compétences certifiées.
Le CRTI, en collaboration avec des acteurs comme l’Agence Nationale de Valorisation des Résultats de la Recherche (ANVREDET) et des partenaires industriels, a mis en place des programmes de formation alignés sur les normes internationales, tout en intégrant les spécificités du marché algérien. Ces formations, accessibles aux entreprises, institutions publiques et particuliers, visent à combler le fossé entre l’offre et la demande en compétences technologiques.
Un écosystème en construction
Cette avancée s’ajoute à d’autres initiatives récentes visant à structurer le secteur des drones en Algérie. En 2025, le gouvernement avait déjà lancé un plan national pour le développement des drones, incluant des subventions pour l’acquisition de matériel et la formation. Par ailleurs, des startups locales, comme Drone Algeria ou SkyTech Solutions, commencent à émerger, bien que le marché reste encore dominé par des acteurs internationaux.
Pour les opérateurs télécoms algériens (Mobilis, Djezzy, Ooredoo), cette accréditation ouvre des perspectives en matière de connectivité et de services associés aux drones. En effet, les drones industriels nécessitent des réseaux stables et sécurisés pour le transfert de données en temps réel, ce qui pourrait stimuler des partenariats technologiques dans les années à venir.
Perspectives et défis
Si cette accréditation constitue une avancée majeure, plusieurs défis persistent :
- La standardisation des formations : Assurer une homogénéité des programmes pour éviter les disparités entre les centres agréés.
- L’adaptation aux besoins sectoriels : Développer des modules spécialisés pour les industries clés (énergie, agriculture, BTP).
- La sensibilisation des entreprises : Convaincre les acteurs économiques de l’utilité des drones, notamment dans un contexte de coûts initiaux élevés.
Le CRTI, en tant que pionnier, a désormais la responsabilité de fédérer les acteurs et de positionner l’Algérie comme un hub régional pour la formation en drones. Une ambition qui s’inscrit dans la vision du gouvernement de faire de l’innovation technologique un levier de croissance économique.
Pour aller plus loin : Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé que les premières sessions de formation débuteront dès septembre 2026, avec des places limitées pour garantir la qualité pédagogique.